Yann MATHIAS

Site en construction perpétuelle

À peine un instant

Une réflexion photographique sur le temps qui passe

Nous ne sommes que de passage. À l'échelle du temps, notre existence n'est presque rien. Quelques décennies, quelques rencontres, des souvenirs, des émotions. Une succession d'instants qui, sans que nous en ayons véritablement conscience, composent une vie. Et pourtant, chacun de ces instants possède une valeur immense. C'est cette relation au temps qui nourrit aujourd'hui ma démarche photographique. Cette conscience de la brièveté de notre existence, de la fragilité des choses, de ce qui disparaît, de ce qui se transforme, mais aussi de ce qui demeure.

Je photographie peut-être pour retenir un peu de ce qui nous échappe.

Le temps avance inexorablement. Il transforme les visages, les paysages, les lieux et les êtres. Ce qui nous semble aujourd'hui immuable ne le sera peut-être plus demain. Face à ce mouvement perpétuel, la photographie possède un pouvoir singulier : celui de préserver un fragment de réalité. Je ne cherche pas à réinventer le monde ni à m'en éloigner. Au contraire, c'est le réel qui m'intéresse, avec sa beauté, ses imperfections et sa fragilité. Photographier, c'est pour moi reconnaître l'importance de ce qui est là, maintenant, et qui ne sera plus jamais exactement le même. Une lumière sur un mur, un regard, un geste, un arbre marqué par les années, un lieu silencieux, les traces d'une présence humaine… Ces choses ordinaires prennent une autre dimension lorsque l'on prend conscience de leur caractère éphémère.

Ce qui me touche n'est pas uniquement ce qui disparaît, mais aussi ce qui existe encore. Car la conscience du temps qui passe ne doit pas nécessairement être mélancolique. Elle peut nous inviter à regarder le monde avec davantage d'attention, de curiosité et de tendresse. La photographie porte en elle un paradoxe qui me fascine : une infime fraction de seconde peut préserver la mémoire d'un instant bien au-delà de sa propre durée.

Au moment même où nous déclenchons, le présent appartient déjà au passé. L'image, elle, demeure. « À peine un instant » est né de cette réflexion sur notre passage dans le monde, de cette envie de donner de l'importance à ce que nous considérons parfois comme insignifiant. Je photographie pour observer, pour comprendre, pour me souvenir. Mais aussi pour témoigner de ce qui a existé.

Je sais que je ne peux pas arrêter le temps. Je peux seulement en préserver quelques fragments. Car, finalement, que représente notre passage dans ce monde, sinon…

À peine un instant.

Ancre davantage ma démarche personnelle

Retrouvez également son travail pédagogique sur sa chaîne YouTube et sur son site internet : yannmathias.fr.

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